Blog écrit à deux mains, voire quatre. Pour le plaisir des mots et des yeux. Inutile de surligner, laissez vous guider par leS Majuscules... Nous tenons à avertir les visiteurs du caractère "érotique" de certains écrits et de certaines photos. Ce blog est donc réservé aux adultes, à un public majeur. Nous déclinons de plus toute responsabilité sur les commentaires laissés par les lecteurs. M. et e. et parfois aussi e. et M.
vendredi 30 septembre 2005
Rouge SF
mardi 27 septembre 2005
A vos plumes...prêts, partez !
La fièvre d'écriture est loin d'être retombée. Nous reconstituons les écritoires manosquins dans nos intérieurs...
La foule s'est éloignée mais cette intimité offre d'autres avantages...
Pour reprendre le concept de notre festival préféré nous proposons ici un atelier d'écriture interactif...
A vous d'écrire le, les commentaires sur cette photographie.
Le genre est libre, une seule contrainte : ne pas dépasser 20 lignes, relire votre texte pour éviter les fautes d'orthographe - attention aux punitions sinon -, et utiliser obligatoirement ces cinq mots : amour, sévère, patate douce, coléoptère, martinet.
Au terme de ce concours nous publierons notre texte préféré...
Remise des prix et récompenses virtuelles et honorifiques au terme du jeu.
lundi 26 septembre 2005
Dans l'intimité d'un boudoir-écritoire...
C'est sans doute le plus grand plaisir de ce festival de la correspondance, un plaisir très enfantin, très joueur : la découverte des multiples écritoires disséminés dans l'ensemble de la ville.
A chacun son style, son ambiance, son atmosphère. Et l'exercice d'écriture se transforme en voyage merveilleux et plein de surprises, poussant l'écrivain en herbe à adapter le contenu de ses lettres à la géographie cahotique, tour à tour exotique et poétique, de ces multiples lieux d'écriture...
Sur la Place de la Mairie, dans le coeur palpitant du vieux Manosque, se dresse l'écritoire HLM crée par Jean Lautrey.
Construction de bric et de broc, c'est un vrai immeuble miniature qui s'élève sous les ramages des platanes et offre au visiteur son intérieur délicieusement rétro : cuisine des années 50 où se mitonnent des correspondances gourmandes, salon cosy où l'on gribouille volontiers en observant les passants et les clients du bar d'à côté. Tout en haut, niché entre ciel et ville, la terrasse allongent ses transats aux rêveurs sur feuilles blanches ou aux pique-niqueurs opportunistes...
Au fin fond de la Rue Guilhempierre, se cache l'écritoire médiéval. J'y ai retrouvé le plaisir lointain et fantasmé de l'écriture à la plume : le plongeon délicat de la plume dans l'encrier, le petit geste assuré pour éliminer le surplus d'encre, et la danse poétique de la pointe d'acier sur le papier blanc : pleins et déliés, ronds de jambes, pirouettes... Le plaisir est dans le geste, l'inspiration importe peu, et l'on contemple émerveillés les mots les plus banals magnifiés par la leste écriture. Parfois, la main hésite, la plume dérape, l'encre coule, se répand. Il faut alors jouer du buvard, tamponner, essuyer, c'est le retour aux dessins de l'enfance.
On invente des histoires. Les tampons font surgir des chevaliers magnifiques vêtus de pourpre sur l'écran de papier. Ils s'agenouillent aux pieds de la Dame aimée, se préparent au combat et reviennent victorieux.
Mais déjà il faut partir, changer de lieu, d'époque, d'univers : récits de voyages incongrus rédigés à la hâte sur l'accoudoir d'un pousse-pousse qui arpente les rues sinueuses de la ville, histoire sans fin sous les trombes d'eau d'un écritoire parapluie-fontaine, ou romantique déclaration d'amour, à la douce lumière d'une petite lampe dans le boudoir-écritoire d'une arrière-boutique...
Inutile de choisir, tout est possible...
Difficile d'achever ce voyage épistolaire, difficile de poser le point final, la joie boulimique est toujours là.
Tiens, demain, j'écrirai une petite lettre à e. Par delà les toits des quelques maisons qui nous séparent, un petit message à confier au facteur, scénario débridé pour une soirée en tête à tête, qu'il aura la surprise de dénicher dans sa boîte aux lettres...
dimanche 25 septembre 2005
Post Correspondances (I), compte-rendu.
jeudi 22 septembre 2005
Ballade automnale
mercredi 21 septembre 2005
Correspondance, correspondances...
C'était hier la fête de la Poste, et donc d'une certaine façon de la correspondance. Merci à Aurora pour son message sur le sujet et pour son clin d'oeil qui clique jusqu'ici... lundi 19 septembre 2005
Au bois, rêvant...
Dans la sombre épaisseur d'une forêt étrange,
j'ai fait ce rêve merveilleux :
La pluie tissait son rideau de perles
entre les branches nues des arbres ;
les yeux mi-clos,
mélancolique,
j'étais assise sur la mousse verte,
j'attendais un mystérieux Prince.
Dans le brouillard irréel de mon rêve,
une ombre s'est glissée.
J'ai baissé les yeux sur la terre brune qui collait à mes bottes de cuir.
A mon collier, une laisse
Et les rubans de pluie pour recouvrir mes cuisses nues.
Il m'a attachée à un arbre, et sa main a caressé mon visage anxieux.
La Belle au bois rêvant ne veut plus dormir.
Dans cet onirique jardin des délices,
prisonnière de ses ogres-désirs,
elle attend, silencieuse, les ordres
de son Prince des Voluptés.
Chienne obéissante, à ses pieds, extatique.
(e. M. aussi être e.)
Il était une fois dans le pays de mes rêves...d'humeur sylvestre je vous écrivais cette lettre qui renaît ici.
Elfes, lutins, muses et fées s'animent entre les branches et les troncs.
Nous sommes dans la forêt du mystère, celle des contes et des légendes...ce théâtre de verdure peut être perçu comme un havre de paix.
De nombreux charmes se cachent dans les taillis.
La mousse soudain chante, les songes brisent leurs chaînes et le brouillard disperse sa poudre de Merveilles.
Vous êtes là, Dalva, je peux vous toucher, vous attacher, vous...
Cette forêt semble bien réelle.
Quelques gouttes de votre élixir des mille anges et soudain les frontières s'évaporent. Imaginaire, réalité se marient sur ce tapis de feuilles.
Nous quittons la lisière pour entrer dans la forêt de nos pensées.
L'ombre des troncs géants annonce aussi dangers et punitions.
A nous d'en écrire le récit.
Au bois, attention à l'erreur. C'est le lieu du châtiment.
Image ambigüe de la forêt.
Vous si Magnifique, si Mutine, si Mondaine...vous voici ébranlée, écaillée, équivoque. M...é...taMorph..oseS.
Entre mes mains tremblantes. Je vous contemple, joli écureuille un peu inquiète.
Je vais vous nommer "Lichen". L'étymologie vous convient parfaitement. Vous vérifierez dans un des grimoires de notre Bibliothèque.
Je vais me taire désormais. Ecoutons ensemble ces bruissements, la caresse froide du vent, quelques gouttes de pluie et le chant du fouet qui vous attend.
Je laisse les druides développer des images sorties de leurs chaudrons magiques, je me saisis de cette branche de noisetier sculptée par un elfe-forgeron. Vos fesses vont vibrer comme une lyre hystérique. ...
Et bientôt e. dans une nouvelle métamorphose sera de retour.
Les frayeurs se dissipent-elles vraiment au réveil, le séjour en forêt était-il seulement un songe ?
e. pour Leikhên.
( Sur ce thème je recommande la lecture de l'article d'Andrée Corvol "la forêt", dans Les lieux de mémoire, T. III, Les France 1. Conflits et partages, Pierre Nora ( dir.), Paris, Gallimard, nrf, 1992, pp. 672-737.
dimanche 18 septembre 2005
à l'ombre d'un chêne...
C'était il y a longtemps déjà...
Nous nous écrivions de belles et longues lettres.
En voilà une, que vous m'aviez offerte comme prélude à nos jeux amoureux (M. qui sait aussi être e.) :
"La scène se déroule entre Aubagne et Manosque, ou peut-être du côté du Boréon ou de la Tinée... Je serai pour l'occasion en gentleman-farmer, chapeauté d'un stetson et tout velours dehors...
Déjeuner sur l'herbe, panier champêtre regorgeant de pâtés, fromages, viandes, fruits gorgés de soleil, bouteilles de rosé posées dans une écrin de glace...
La torpeur nous envahit. Tu es couchée, les yeux noyés dans l'immensité d'un ciel céruléen. Je profite de ton abandon pour te ceinturer. En moins de deux seconde ta longue robe fleurie à la Marie Laurencin glisse sur la mousse verte...
Nue et offerte.
Je dirige tes pas chancelants vers un chêne noueux et robuste.
Sous ma poussée tu enlaces le sombre tronc, quelques cordelettes attachent tes mains et tes pieds.
Je m'éloigne en sifflotant et en sortant mon couteau de poche multi-fonctions (attitude et accessoires indispensables pour tout gentleman-farmer qui se respecte, n'oublions pas que non loin de là le 4X4 rutile au soleil).
Je coupe dans la forêt quelques branches de noisetiers que je dénude, aiguise pour les transformer en baguettes souples et ondoyantes (je recueille malgré tout quelques noisettes qui pourront te consoler après la punition).
Pendant ce temps, tu attends, inquiète et excitée, ta peau rose et soyeuse caressée par la brise estivale... Je reviens, déterminé, m'arrêtant à quelques mètres de toi, admirant ce beau modèle, et retroussant les manches de ma chemise, je m'apprête à commencer mon art...
La musique de la baguette virevoltant dans l'air est un enchantement, sonate d'un Virtuose encanaillé par Charlus, l'air vibre et exulte, ton corps se cabre sous les coups qui sont autant de caresses.
Tes fesses abandonnent toute pudeur, elles s'offrent, s'ouvrent comme la corolle d'une fleur, dévoilant ainsi de nouvelles parcelles de peau à la curiosité du fouet...
La correction redouble bien sûr de vigueur devant tant d'impudeur. Tes petits cris accompagnent désormais le quatuor à cordes du noisetier. Opéra champêtre.
Sirène entre souffrance et jouissance tu délivres ta prophétie.
La fatigue de mon bras, bien plus qu'une coupable indulgence, m'incite à conclure une trêve. Je ne te libère pas tout de suite. J'admire mon oeuvre. Le bas de ton dos et ton écarlate cul, striés de bandes violacées. Joli tableau à la Miro.
Nous ne sommes plus dérangés que par le vibrato du vent. J'allume un petit cigare. Tes cheveux ondoient tout doucement.
Tu attends. Quelques larmes salées coulent sur ta poitrine. Je ne le sais pas.
Tu sembles heureuse. Loin de ta falaise. Tes hydres sont prisonnières de leur lac. Des grains de sable flottent sur ta tête, jolie couronne pour une nymphe dionysiaquement fustigée.
Je te libère. Je sais que tu as faim. Tu te jettes sur les restes de nourriture. Tu oublies de te rhabiller, la pudeur est restée accrochée au chêne désormais solitaire. Sa sève pleure aussi, rejoignant le petit ruisseau formé par tes larmes. Quelques fourmis en danger construisent un radeau de fortune.
Tu t'endors, un sourire sur le visage".
e. qui sait aussi être M.
PatriMoineS
samedi 17 septembre 2005
Ne pas oublier !!
jeudi 15 septembre 2005
La table est mise
J'ai lancé les invitations -le bristol surfe sur Internet-.
Et repassé une nappe en lin. La table est mise : je vous attends.
mardi 13 septembre 2005
Le nom du canard
Cette photo est si belle, si drôle que je ne sais comment la légender. Je veux pourtant la déposer ici pour répondre à votre superbe et émouvant mail-message.
Mémoire, correspondances, vibrants échos...je ne peux répondre sur le même ton, c'est trop beau, trop fort.
Alors je contourne, je cherche un allié avec le souriant petit canard et je vous éclabousse des bulles de mon bain, je laisse batifoler les mots.
Première interrogation existentielle : comment nommer cet animal ? Honoré ? Trop long peut-être...Henri ? Sérieux ? Gédéon ? Classique. Donatien ?
Original mais un peu typé.
Nos lecteurs pourraient peut-être proposer un nom ? Un peu d'interactivité pour booster ce blog...Hum, c'est une idée. A suivre...
Je vais confier quelques secrets à celui-qui-n'a-pas-encore-de nom. Peut-être vous les confiera-t-il lors de votre prochain bain...
dimanche 11 septembre 2005
Dans le bleu de la nuit...
Ce soir est le soir de tous les rêves...
Me voilà prête à m'inviter dans les vôtres.
Je sais que c'est comme cela que vous me voulez, que vous m'attendez.
Bottes de cuir et cravache,
j'ai lâché mes cheveux,
sauvage cavalière,
je me laisse fouetter par le vent de la nuit.
Je vous veux sage et docile,
courbant l'échine,
prêt à baiser la pointe de mes bottes
et à vous laisser monter
pour une chevauchée sauvage...
La nuit bleue de vos rêves nous emporte dans le lointain.
Chaque jour un nouveau voyage, chaque nuit une nouvelle aventure.
La vie à vos côtés est une fête sans cesse renouvellée.
La cavalière est assagie,
la cravache chante doucement,
baguette de fée dans ma main légère,
humeur romantique
sur la toile de nos fantasmes,
ce soir,
envie de vous dire
je t'aime
Sans titre
C'est votre "rêve de ménagère". Cadeau pour notre blog.
Mes rêves se nourrissent du bonheur de partager vos idées folles et vos savoureuses recettes du quotidien, souvent délicieuses de simplicité.
C'était bon de nager dans l'eau chaude, de rejoindre pour vous la bouée verte, de dire bonjour à l'horizon.
Passez un bon début de semaine, je vous souhaite une bonne nuit de la correspondance darling. Ce télégramme est pour vous.
vendredi 9 septembre 2005
Desesperate Housewifes (2)
Desesperate Housewife (1)
Première diffusion hier soir, sur Canal +, de la série américaine Desesperate Housewife. J'ai abandonné torchons et fer à repasser pour regarder.
Les murs des pavillons résidentiels des banlieues françaises doivent encore en trembler. Susan, Lynette, Gabrielle et Bree dépoussièrent au Karcher l'image d'Epinal de la femme au foyer et nous plongent avec un humour féroce dans la monotonie cauchemardesque du quotidien.
Faire les courses, faire le ménage, faire des lessives, faire le repassage, faire la cuisine, faire la vaisselle, faire les courses, faire le ménage...Litanie infernale et sans fin...
Dans laquelle les hommes jouent le rôle de l'éternel bourreau : mari riche et méprisant pour Gabrielle, mari "reproducteur" et éternellement absent pour Lynette, mari insatisfait d'avoir une femme parfaite pour Bree et mari envolé avec une autre pour Susan la divorcée...
Face à ce constat amer, ces femmes désespérées ne nous proposent pour l'instant que peu de solutions excepté peut-être de prendre un amant en la personne du jardinier et d'en profiter dès que Monsieur s'absente, ce qui a un inconvénient majeur : le jardinier ne s'occupe plus du jardin et il faut tondre la pelouse à sa place.
En attendant les prochains épisodes, je suggère à ces dames quelques solutions : prendre le pouvoir et inverser les rôles.
e. a passé une jupe pour l'occasion et revêtu des bas noirs. Il passe l'aspirateur avec application.
M. est derrière son fourneau, armée de sa spatule en bois.
Le serpent de l'aspirateur danse sur le damier de carrelages, la spatule s'agite, tourne et frappe.
Nous avons tout le temps avant que les invités n'arrivent...
mardi 6 septembre 2005
Piédestal
" Dieux !...tous les dons que je devine
Viennent à moi sur ces pieds nus !
[...]
Car j'ai vécu de vous attendre,
Et mon coeur n'était que vos pas."
Paul Valéry, "Les Pas" dans Charmes ( 1922 ) .
Le poète exalte la ferveur de l'attente et au-delà, de façon allégorique, évoque celle de l'inspiration.
Vos pieds sont deux muses malicieuses, darling, et je veux les fêter.
Je prône d'ailleurs l'établissement d'un jour férié, comme pour la musique : je suggère le 7 octobre, jour de la St Serge, invoqué contre le mal aux pieds. On peut aussi choisir le 29 juin, jour de la St Pierre qui attendrit les cors aux pied, et/ou le 17 août, jour de la St Hyacinthe. Ce dernier, au XIIème siècle, prêcha jusqu'en Chine, et était invoqué par les marcheurs, lorsqu'ils se sentaient les jambes et les pieds fatigués.
De nombreuses manifestations pourraient avoir lieu, en intérieur ou en plein air. Le pied serait soit nu soit protégé de chaussettes rigolotes ou d'élégants bas noirs selon l'humeur de M, et en fonction du climat ( n'oublions pas ces précisions indispensables à une approche rigoureuse de notre art). Ces accessoires doivent bien sûr avoir été offerts par e. qui les déposera la veille aux...pieds du lit.
Dès le matin e. prépare le bain, et porte une attention particulière à la toilette des intéressés.
Puis suit la danse des crèmes, talcs, caresses, massages, baisers, accompagnée par les jeux habiles et raffinés de la langue entre les orteils comblés.
Le soir, à l'heure de l'apéritif, e. se transforme en table basse. Pour son confort, M. installe sur le dos de l'homme - ou de la femme selon la distribution des rôles - métamorphosé un coussin et y dépose ses pieds en majesté. E. a quand même le droit a un verre d'eau et à une revue ou un livre déposés sur le tapis pendant qu'il remplit sans bouger sa fonction.
Pour terminer, M. peut profiter de cette journée pour s'acheter de nouvelles chaussures ( de la tong à la botte en passant par les basquetts, sans hiérarchie ni conformisme fétichiste que nous écartons : tout est question de regard...). Sous le regard, justement, amusé et médusé des vendeurs et clients elle demandera naturellement à e. de la déchausser et de lui faire essayer un très grand nombre de paires...M. hésite...
Reste à inventer d'autres jeux, selon les sensibilités et l'inspiration de chacun...
Pas de catalogue ici !
A ce propos, nous remercions le Monsieur américain qui nous a laissé un message pour proposer des produits nettoyants pour les tapis. Nous ne sommes pas intéressés...Sourire.
A bientôt pour échanger sur fouets et pieds...mais aussi sur bien d'autres choses !
e.
lundi 5 septembre 2005
Cuisine et dépendance
Après avoir regardé le premier épisode de "Baisemains et mocassins" à 20H15 sur Arte, en prenant l'apéritif, je suis retourné aux fourneaux pour préparer un repas pour M.
La cravache était sur la table, au cas où... Je déteste les repas ratés, les gratins brûlés, les pâtes mal cuites...
J'avais évidemment préparé un menu plus raffiné : salade aux figues et au chaource -un fromage de mon terroir natal-, suivi d'un risotto au poulet et au gingembre. Cependant tout en remuant le dernier plat, mon esprit vagabondait et songeait à une reprise parodique de l'opus cité : "baisepieds et bottines".
Il avait mis son tablier rouge. Petit détail désagréable : il avait également conservé son pantalon. Regrettable...
Cette étrange série qui venait de démarrer sous nos yeux m'interrogeait : qu'en était-il du savoir-vivre sous les draps soyeux des hôtels particuliers du 16 ème ?
J'avais oublié le dessert et de temps en temps, la pression retombée, je m'autorisais à mettre les coudes sur la table. Heureusement, M. ne semblait pas s'en rendre compte. De plus, notre conception du SM vise à enchanter le quotidien et non à s'embarrasser de désuètes conventions.
Le repas, contrairement à ce que j'aurais pu croire au vu des précédentes prestations de e., s'avérait délicieux : surprenante salade où se mêlaient les saveurs sucrées de la figue et l'onctuosité du fromage des forêts du Nord-Est... Bref, je commençais à me demander quel prétexte il allait falloir prendre pour pouvoir le corriger un peu...
samedi 3 septembre 2005
échos au Savoir-faire Ménager
Le silence de la grande maison provençale cerne le boudoir où je suis enfermé depuis déjà un long moment...
Mise en condition apéritive.
Frémissant, les genoux embrassés sur la laine du tapis oriental, j'attends la punition.
Son image mystérieuse se profile sur la couverture, entre coussins et rubans.
Mains et lanières vont se promener sur des fesses bientôt balisées de traits rouges et blancs, comme sur les chemins de Grande Randonnée.
Je risque de ne pas être ménagé. C'est là la rançon de mes provocations. Selon l'expression très victorienne je suis un véritable "naughty boy."
Je cherche le châtiment, mes gestes imprécis l'attirent : un verre mal lavé, une assiette rangée sur la mauvaise pile du buffet art nouveau, une chemise de nuit oubliée sur son valet.
Le résultat est là, je suis seul, à méditer la sentence à venir.
La porte crisse et couine, quelques pas élégants annoncent l'arrivée de la Maîtresse de maison.
Pas un mot. Assise sans doute sur la chaise, se préparant au spectacle...Quand soudain...
La correction dépasse mes espérances et me fait regretter ces négligences répétées qui trouvent leur réponse dans l'implacable avalanche de coups.
L'APSM m'avait pourtant prévenu lorsque, trop insouciant, j'avais signé le contrat. Les exigences peuvent parfois être très rigoureuses.
Ma peau pékinée, les gémissements contenus par une fierté pourtant déculottée en sont le vibrant et éphémère témoignage.
Je compte jusqu'à 54 d'une voix de plus en plus hésitante, lancinante, hoquetante...
Je dépose mes larmes à ses pieds.
Le dernier coup, cinglant, est plus appuyé et me fait exploser. Plaisir et souffrance s'entrelacent. Je crie, je m'agite, je gicle.
Elle admire fièrement son oeuvre, me détache et d'un regard mi-amusé, mi-attendri, me signifie que le travail doit reprendre. J'embrasse avec passion ces mêmes mains qui ont châtié mes demi-lunes désormais éclipsées. Je médite les pélagiennes résolutions nées de ma pénitence.
Je m'éxécute, me promettant en secret de devenir l'artiste de ses placards, le roi de la balayette et de la toilette, le prince de ses coins à poussière.
e.
Savoir-faire Ménager
"Je l'ai rencontré par l'intermédiaire de l'APSM- Association pour la Promotion du Savoir-faire Ménager. Il est chargé de mon intérieur - Je viens d'emménager dans un 90 m2 délabré et j'ai bien besoin d'un homme à tout faire.
Je l'ai choisi avec attention : grand, mince, le cheveu blond et l'oeil vert. Appliqué et obéissant.
J'ai exigé qu'il fasse le ménage uniquement vêtu d'un petit tablier blanc, ce qui me permet de profiter de son petit cul lorsqu'il s'agite autour de moi avec son joli plumeau rose.
L'Agence m'avait conseillé la plus extrême fermeté à son égard, ce que je me suis employée à respecter. Il est très distrait, et cela pose d'évidents problèmes. Je suis donc fréquemment obligée de réagir avec rigueur. Il en a pris l'habitude. Il connaît la "procédure" par coeur. Je me demande même s'il ne fait pas exprès pour être puni.
Il s'agenouille devant moi sur un coussin et je lui attache les poignets pour éviter toute protestation éventuelle. Je lui demande alors s'il connaît la raison de sa punition et il me répond par l'affirmative en racontant l'épisode qui a déclenché ma colère.
Je lui demande si c'est acceptable et il reconnaît de lui-même qu'il est nécessaire qu'il soit puni de la plus sévère manière. J'aime quand il baise mes pieds en implorant mon pardon et en m'appellant "Maîtresse !", tout en sachant très bien qu'il n'échappera pas au martinet qu'il est allé lui-même chercher dans le placard avant le début de l'interrogatoire.
Je sais qu'il commence à frémir en me voyant soulever le manche de métal argenté. Son cul se soulève et tressaille et sa respiration devient plus bruyante. Le premier coup est le plus délicieux. Je l'attends et le prépare soigneusement. Je frappe sur le rond de la fesse pour que cela claque mieux. Les lanières de cuir virevoltent dans l'air et dessinent de jolies zébrures sur sa chair rosée.
Il ne crie jamais. Il s'applique -comme je l'exige- à compter consciencieusement les coups et gémit parfois.
Souvent en fait.
Quand les coups deviennent plus rapides, plus réguliers, ses petits gémissements accompagnent le rythme implacable du martinet, et son cul aussi, qui se soulève et qui ondoie sous le serpent de cuir.
Je m'oblige à des pauses.
Pour ne pas me laisser emporter par ma fougue. Et pour profiter du spectacle : marbrures et zébrures dessinent un paysage étrange dans un camaïeu étonnant de rose et de rouge sur la rondeur de ses fesses. J'aime y promener mes mains pour en palper la brûlure. Pour m'approcher au plus près de lui et sentir son souffle chaud et haletant sur mon visage. Pour mesurer d'une caresse furtive la raideur de son sexe contre le tablier blanc.
Il sait que je sais.
Il ne dit rien. Il garde les yeux baissés et attend que je reprenne les coups. Et nous restons un instant immobiles, interdits, comme suspendus aux lanières de ce désir-martinet...
J'aimerais frapper jusqu'à ce qu'il ne puisse plus se contenir, jusqu'à ce qu'il explose, et sentir son sperme chaud couler sur ma jambe.
Je ne dirais rien. J'attendrais simplement qu'il me dise la phrase rituelle pour le détacher : "c'est promis, Maîtresse, je ne le ferai plus"".
M.




