Comme un Princ-E charmant, vous m'avez enlevée sur votre noir destrier, pour m'emmener dans un pays de rêves peuplé de bonnes fées et de coquins lutins...
La maison des nains était perdue au sommet d'une montagne silencieuse. Dans la pièce sombre, la cheminée prenait des airs de maison et clignait de son oeil-fenêtre en ronronnant sur ses bûches. Vous m'avez allongée sur le lit de Blanche-Neige et avez soufflé sur mes yeux pour m'endormir.
Ma nuit fut bercée par vos baisers et vos caresses... J'étais comme Poucette dans le creux de votre main.
Une lumière vive m'éveilla au matin. J'ouvris les yeux : ma coquille de noix s'était échouée dans un petit port éclaboussé de couleurs vives.
E. magicien, vous aviez déroulé pour mon anniversaire un décor merveilleux. Et là devant moi, dans votre marinière, vous me tendiez la main pour me faire découvrir les lacis sombres des ruelles.
Votre bouche voletait dans mon cou, comme un papillon affamé, et vos mains faisait danser ma jupe dans des tourbillons d'ombres et de lumières...
La clameur de la ville trouait la mer de tuiles, au fur et à mesure que nous grimpions sur les flancs escarpés, et je me surprenais à accompagner les oiseaux de trilles murmurées.
Un bout du monde.
A explorer ensemble. 
La tour imposante de la citadelle, troublant horizon, me guidait toujours plus avant.
Le ciel s'épaississait, se drapant de soies sombres et moirées, qui dansaient un ballet sauvage sous les coups de cravache d'un vent passionné.
Je me serrais contre vous.
Et la nuit jeta sur nous son long manteau de rêves...
Vous avez serré ma main dans la vôtre, et j'ai vu sur l'onde impassible frissonner un sourire... Dans le silence caressant, une chauve-souris faisait danser sur le noir de la nuit des confettis de soie...
Magnifique présence au monde, merveilleux rêve qui n'en était pas un...
Merci, très cher E. magicien, très cher E. poète,
je vous M !!!